Rencontre à Dieulefit

Un grand appartement, haut de plafond, dernier étage d’une vieille demeure bourgeoise dans une rue piétonne.

Du parquet blond qui craque, des meubles chinés ou de famille, des fenêtres donnant sur le vert, le vert de grands arbres nés d’un jardin en contrebas.

Elle m’ouvre la porte, belle, la quarantaine, lumineuse, sereine, menue, de grands yeux bleus clairs qui plongent dans les vôtres et qui savent.

Elle est écrivaine.

Un peu d’elle dans tous ses personnages. J’ai son roman qui vit en moi. Je ne l’ai pas encore fini. Je suis intime avec tous ses personnages. Je vibre de leur joie, questions, mélancolie, folie…

Je sens en elle cette quête de vérité, cette soif d’absolu, cette force spirituelle.

Un déjà si long chemin parcouru frôlant les abymes et les cîmes, sans concession, jamais, au bout d’elle-même pour être, simplement être.

Elle a ouvert sa porte à une inconnue. Je lui dis merci.