Les chants unis des gardiens de la terre

Reportage réalisé en novembre 2016 au Chili avec Éric Facon, photographe (photos sur www.ericfacon.com « les chants unis des Amérindiens »).

Mapuches, Arhuacas, Aymaras, Guaranis, Huicholes, Lakotas… voix de la terre, tous ensemble, les peuples de l’aigle et du condor, chantent et dansent.

Mosaïque indienne au pied des Andes

Novembre 2016, après une heure de route au sud de Santiago du Chili, coincée entre 2 cordilleras, la petite ville de Graneros semble endormie dans la nature. Encore quelques kilomètres et le camping de callejones avec ses 19 hectares et ses séquoias géants ouvre ses portes pour la 4ème année consécutive aux Raices de la Tierra, littéralement les racines de la terre.

Pendant 4 jours, la Kiva (le coeur de la terre créé pour l’occasion) va vibrer au rythme du tambour, des danses et des chants, tandis qu’en son centre brûlera en continu le feu sacré. Une danse des origines, rituel de guérison du Nord au Sud, sorte de pow wow expansé des Amériques.

La veille de l’événement, les participants commencent à arriver et s’installer tranquillement. Des familles ont emmené leurs matelas et des tentes grandioses dans des jeeps, un tipi se dresse fièrement à l’entrée, joyeuse introduction. Pour l’instant, les coins tranquilles existent encore. Tout est très organisé. Plus de 4000 personnes sont attendues. Un bracelet rouge nous est remis à l’entrée, tout sera inclus des repas végétariens à l’emplacement pour mettre nos tentes. Se dessinent les endroits clés où se dérouleront les cérémonies : Kivas, temazcales (tentes de sudation où l’on vient se purifier) et le camp mapuche. Le parc a été délimité en plusieurs zones, calmes, familiales ou jeunes. Les différentes activités sont affichées. Des ateliers sont prévus chaque jour. Ateliers sur la famille, les cycles de la femme. D’autres sont de longs palabres entre les Abuelos (anciens) au pied d’un arbre. Une machine bien rodée.

Aucune armée de caméramens et de journalistes n’est convoquée pour assister aux rituels. Ce qui est plutôt bon signe. Avant tout, cette réunion est spirituelle et ne souffre pas de tapages médiatiques. L’autorisation n’a pas été chose aisée et nous nous faisons discrets. Le maître de cérémonie Heriberto digne héritier de Tigre Perez ne s’est pas érigé en gourou.  Il évoque ces rencontres comme «  les nations unies de l’esprit ».

Premier matin, 5h00, il fait encore nuit noire et des feux ont été allumés tout près des temazcales. Il fait froid, à l’aube, pendant le printemps chilien. Regroupés en cercle autour des feux juste allumés, les anciens honorent par leurs chants et leurs paroles, les premières pierres des temazcales qu’on fait chauffer. Les indiens Lakota, chantent, au son des tambours, des chants très doux que le cercle reprend en murmurant. A tour de rôle, les anciens des différentes tribus vont chanter et 4 feux vont être allumés. Nubia, la femme d’Hériberto, va clôturer cette première cérémonie. D’une voix douce, elle explique le sens des raices, leur caractère sacré. C’est une célébration spirituelle et non un festival. Les femmes doivent si possible porter une jupe longue pendant les kivas, l’alcool et les relations sexuelles sont prohibés. Nous devons tous comprendre que nous sommes rentrés à cet instant de la cérémonie du feu, dans un lieu sacré qui a besoin de l’énergie de tous. Etre ici en conscience et donc faire attention à nos pensées. Être aussi dans la bienveillance, le bien-être et l’amour de toute vie. Je comprends que les Raices demandent un engagement. Pour les responsables de cette organisation, rien n’est dû au hasard, si nous sommes là, c’est que devons être là. Pour conclure, elle remercie les ancêtres, la terre, le ciel, les enfants, nous tous, moment de gratitude à la vie, à la mort, à tout ce qui est.

 Temazcales

Aux premières lueurs de l’aube, tous les jours, une file se mettra en place pour prendre part aux temazcales du matin. Environ 60 personnes par tente, 6 au total. Chacune sera présidée par un des abuelos présents. Tous assis en cercle, dans le noir, sans aucune possession, tous les bijoux devant être retirés et laissés à l’entrée. Par 4 fois, les portes du temazcal s’ouvriront pour accueillir les pierres chaudes. A l’intérieur, chants et paroles alternent. La purification prendra le temps qu’il faut, en moyenne une heure.

Le soir, après la kiva, de nouvelles files se formeront. Une file qui jamais ne tarit tant dans l’esprit des participants, la cérémonie du temazcal est primordiale. Pour Deby, professeur de théâtre, venue en famille et enceinte de son deuxième enfant « le temazcal représente le ventre de la mère, c’est un lieu qui permet d’échanger et de se réconforter. Pouvoir le vivre avec des anciens décuple ce sentiment de bien-être. » Au Chili, comme dans beaucoup d’endroits en Amérique du Nord et du Sud, les maisons de sudation sont communes, on s’y réunit régulièrement pour chasser les problèmes, les chagrins et partager son point de vue sur le monde.

Pour Ana Luisa Solis, une des maîtresse de cérémonie: «La cérémonie du temazcal est essentielle, elle s’étend dans de nombreuses régions du monde car elle propose d’assainir la personne dans son ensemble. Le feu sacré et l’eau, deux élément fondateurs sont présents dans le temazcal. » Chaque temazcal sera différent , il s’improvise autour de son guide.

Les matins mapuches

Tous les matins, à 5h, les kultrun (tambours) retentissent pour la cérémonie mapuche llelipun. Un cercle dansant, les chevaux, une cérémonie où les étrangers ne sont habituellement pas conviés. Ici, elle est ouverte, et autour du feu sacré, la danse peut durer des heures jusqu’à l’installation du soleil. Les Mapuches, tout au long de ces 4 jours, vont donner toute leur puissance et toute leur énergie. Leur camp situé à côté de l’entrée, de l’autre coté des temazcales, est imposant. Des tentes de repos sont dressées aux limites du campement, d’immenses bâches ont été montées pour le partage des repas, les réunions, les rencontres. Les chevaux paissent dans un coin et les branches de canelo, l’arbre sacré des machis (les guérisseurs) ont été plantées et parées pour devenir un lieu de recueillement. Les Mapuches sont nombreux, ils sont les hôtes de cette terre chilienne. Les Raices leur permettent de ne pas se sentir seuls, d’ouvrir leur coeur car leur quotidien est trop souvent ponctué de batailles juridiques et d’emprisonnements sauvages. Au fil des ans, grâce aux nombreuses attentions des autres peuples, la confiance s’est installée. Leur force est leur résilience. Rappelons qu’ils ont résisté aux Incas puis aux conquistadors.Ils ont toujours su préserver leur culture. Leur médecine est maintenant reconnue et pratiquée dans des hôpitaux pilotes dans la région de Temuco.

Les Anciens (Abuelos)

Passent les filles aux longues robes fleuries, les garçons à barbe, les couleurs bariolées, les ponchos et les pieds nus, un tourbillon de jeunesse aux sourires éclatants…revival hippie les Raices ? pas seulement, car cette réunion de savoirs ancestraux est née d’une vision.

Une prophétie traversent les siècles: un jour, l’aigle et le condor voleront ensemble. L’aigle symbolise les peuples au nord du Nicaragua et le condor, ceux du sud. Il est temps de partager les savoirs.

Sur terre, l’heure est au changement, et l’énergie doit être augmentée pour aider ce passage. Pour cela, il faut la force des natifs, l’unification ou plutôt la réunification de tous ces peuples. Des siècles plus tôt, ces cérémonies existaient et tous les peuples du nord au sud se retrouvaient en un point de convergence, souvent en Amérique centrale. Tigre Perez, le fondateur des Raices, a eu la vision de cet événement, alors qu’il se trouvait avec les Dineh (Navajos). Ces peuples dont les traditions orales se perdent, ont besoin de se rencontrer afin d’unir leur connaissance. Les langues natives sont de l’énergie pure. Autour du feu, la parole devient magique. Elle est une force, elle donne le sens. La mission des Raices est de rassembler toutes les nations. Ces peuples entretiennent un dialogue constant avec la nature et ne cessent de clamer plus de conscience. Le 4 est un chiffre important dans les traditions, il est partout : 4 animaux dessinés dans la Kiva : le condor, le lama, la baleine et le cerf, archétypes qui expriment les points cardinaux. les 4 phases de la lune, les 4 moments de la journée, il sera le cycle des raices. 4 jours pour plonger au coeur d’une cérémonie séculaire. Le premier jour est dédié aux esprits, le second à la famille, le 3ème jour aux ancêtres « nous sommes les rêves de nos ancêtres »  et le dernier est un jour de retour à soi.

kivas

Fumigation, fumée sacrée, fumée odorante

Arôme de sauge, de tabac, palo santo… Les plantes sacrées. L’odorat exacerbé par le sucré du tabac blond, le palo santo et la sauge citronnée qui embaument toutes les cérémonies, et fait un peu tourner la tête.

Les dignitaires font face à la kiva, parés de leurs plus beaux atours.

L’aspect vestimentaire des anciens n’a rien de folklorique, c’est une expression de l’appartenance à leur communauté et ces vêtements ont vertu de protection. Ainsi au deuxième jour, lorsqu’une des machis (guérisseuse mapuche) donne symboliquement sa cape à la femme médecine Lakota, l’ émotion est à son comble.

Huipile (blouse brodée de motifs colorés) des femmes médecines mexicaines, Les makuñ (poncho) pour les hommes mapuches, et pour les femmes, robes noires ceinturées de trariwe, foulard sur les cheveux (pour la concentration) et superbes bijoux en argent. Les Arhuacas, indiens de la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie sont habillés de blanc, auréolés de magnifiques cheveux longs, noirs et portent sur la tête un chapeau, toujours accompagnés de leur mochila (un sac en laine ou en coton). les Lakotas s’enveloppent de couvertures bariolées et s’ornent de plumes.

Chacune des kivas réunit plus de 500 personnes. Les jours passant, la ferveur augmente. Les visages sont devenus familiers. Les belles défilent dans leurs habits colorés, jupes longues, coiffures, chapeaux, foulards, tous les mélanges sont permis. Les gens se sourient et se retrouvent souvent assis au même endroit. On ne sait pas grand chose les uns des autres mais les embrassades ponctuant la cérémonie, mettent le sourire aux lèvres et apportent son flux de chaleur. C’est le fameux abrazo des sud-américains, une bise et on se serre dans les bras.

AHO

oui, amen, merci est le mot de passe de la kiva. Il conclut les prises de parole des Anciens. Aho de la langue Kiowa.

Dans le public

Tous les jours au même endroit s’assoit une femme seule de 55 ans venue de San felipe (Chili) «  je n’ai pas trop d’attentes : tout ce qui se présente est le bienvenu. Ici, je participe à des cercles de femmes. Je vais au temazcal. Je suis là aussi pour renouer avec l’amour de la terre, la Pachamama, et le transmettre à mes petits enfants. C’est important qu’ils aient plus de conscience, qu’ils soient proche de la nature. Je viens pour vivre une parenthèse dans ma vie et prendre la bonne énergie de ce lieu ». Une femme toute simple, elle n’a l’air ni perdu, ni illuminée, juste une femme qui pense enfin à elle.

Les Raices un exutoire à une société chilienne encore trop imprégnée par le culte catholique ?

Au fil des témoignages, les mêmes valeurs reviennent sans cesse dans la bouche des participants : liberté, ouverture d’esprit et une furieuse envie de changer la société dans un respect de la singularité de chacun. Le public se compose d’une grande majorité de femmes seules qui ont envie de se reconnecter à elles, mais aussi de familles.

Ce sont des retrouvailles avec les racines profondes du continent américain, les racines de leur terre. Les Kivas sont appréciés comme des moments de prières hors des diktats des religions. Des moments hors du temps où les danses du soleil, les odorantes plantes  brûlées et le son du tambour relient à la dimension sacrée de la nature : on remercie le soleil, on remercie cette journée qui se finit doucement, on remercie ses voisins de kivas, on s’embrasse beaucoup, toujours l’abrazo des sud américains.

La medicina, terme souvent entendu et employé au cours des Raices de la tierra, regroupe tout ce qui fait du bien au corps, au coeur et à l’âme…la medecina c’est les câlins, les mots doux, le soleil, les plantes.

Cette composante spirituelle que nous retrouvons dans les kivas ou les temazcales témoigne du besoin de se reconnecter à une dimension supérieure mais de façon libre et non religieuse.

Pour Benjamin, 38 ans, un français qui vit à Santiago et qui vient aux Raices depuis 6 ans « Raices est plus que tout un lieu de rencontres et de possibilité de créer des liens. Les ateliers donnent des informations sur un autre mode de vie. Au Chili, la cosmogonie andine est très présente dans la culture malgré les nombreux problèmes interculturels. »

Amaria, 60 ans et Natalia, 30 ans, 2 femmes assises dans l’herbe, se confient près d’un des points de recharge des téléphones. Elles se sont rencontrées ici et ont lié une belle amitié. L’intimité naît très vite dans ce genre de lieu. Elles ne se seraient sans doute pas rencontrées dans leur vraie vie. Amaria vient seule pour la seconde année. Après une vie remplie de responsabilités, elle est maintenant retraitée et a décidé de faire ce qu’elle veut.  Elle aime la tranquillité et la sécurité de ce rassemblement. Natalia est thérapeute florale. Elle a besoin de venir ici pour échanger et apprendre.

Les populations indigènes sont peu présentes chez les visiteurs. Mais en discutant,  nombreux sont ceux qui ont des origines mapuche.

Les cercles des Anciens

Pour Ana Luisa Solis, abuela maya toltèque, un changement de conscience est bien visible. Depuis les premières Raices, elle a vu arriver de plus en plus de familles. Pour les abuelos, les enfants sont une bénédiction et leur nombre croissant les ravit. ils y voient un tournant. « le monde entier a besoin de se reconnecter à ses origines. Les populations indigènes ne connaissent ni le stress, ni l’angoisse des civilisations occidentales».

Le troisième jour, elle animera, seule, un cercle de réconciliation hommes, femmes dans lequel elle invoque la nécessité de la réunification du masculin et du féminin. D’un geste précis, elle se lève, et d’une voix forte, petite femme soudain devenue prêtresse, elle répète comme un mantra « somos un solo corazon » (nous sommes un seul coeur) au rythme de son tambour. Un hymne à l’amour si fort que les visages se remplissent de larmes, de rires et de reconnaissance. Une expérience saisissante.

Tom, un des Lakotas, clame que cette réunion est importante pour s’exprimer, se relier à la nature et se retrouver tous ensemble pour partager. Mais il revient aux peuples indigènes d’utiliser toutes les technologies comme les réseaux sociaux, la loi pour se faire  entendre. L’erreur serait de s’isoler, et de ne chercher la solution que dans la prière. Des paroles qu’il adresse aux Mapuches, les hôtes de cette terre chilienne.

Le coeur blessé de la terre et de ses gardiens

Les premières nations dont font partie les Mapuches, les Lakota, les Guaranis toutes réunies dans un même lieu pour 4 jours de célébration à la terre. Ce sont sans nul doute les gardiens de la terre. Ici en terre chilienne, le public est particulièrement réceptif, la ferveur monte jour après jour jusqu’à son apogée, le dernier jour.

Cette rencontre est oecuménique. La grande famille de peuples originaires s’est reconstituée, les revendications ethniques n’existent pas. Par la prière, ils veulent préserver la vie naturelle de cette planète et montrer leur foi en la vie. Le partage est la clé de voûte.

« Le monde a besoin de fous, de gens comme vous et de médecina (…) le pardon est un médicament très puissant à pratiquer tout le temps » Heriberto, mexicain, naître de cérémonie.

Tous reçoivent des échos alarmants sur l’état de santé de la planète. Au coeur de toutes les cosmogonies, La terre, la madre naturaleza, la mère, la nourrice est celle qu’il faut honorer et respecter . Or elle souffre de plus en plus et il devient urgent de l’écouter. En somme, leur cri est un discours écologiste, porteur de bon sens. Le refus des dogmes se fait sentir et la seule chose qui compte vraiment est ce partage, ces paroles. Ce n’est pas un monde monochrome, c’est un monde riche de ses différences mais unis.

Ils ne sont jamais réunis en même temps, certains vivent à l’opposé du continent américain. Ils sont tous connectés à la tradition et ont tous des déboires avec les compagnies minières, les gouvernements.

Une véritable concentration de pluralisme culturel. Ces peuples qui revendiquent le droit d’être appelés nations, se retrouvent ensemble portés par le même désir de protéger la terre. Ces peuples comme les Guaranis, isolés, réussissent le pari de parler, d’échanger ensemble pour faire avancer leur reconnaissance. Car si les raices sont avant tout un rassemblement spirituel, il n’en reste pas moins politique. En interrogeant le machi mapuche, Christian, celui-ci ne peut distinguer le culturel du spirituel, tout est lié. Le sentiment d’appartenance à une communauté et le « non » à tout ce qui fut subi, émerge du discours de ces nations. Le mythe fondateur, la prophétie de l’aigle et du condor, est leur socle commun.

Les langues se délient pendant les cérémonies, car même si la kiva revêt un caractère spirituel et joyeux, leurs turpitudes passées et actuelles sont bien présentes. Une machi  injustement incarcérée est évoquée. On parle aussi de standing rock et des défenseurs de l’eau. Le monde actuel est bien loin d’être fantasmé.

La conjonction de ces nations ici même au Chili ébauche la possibilité d’un autre monde.

Sur la réserve à notre arrivée, la simplicité du maître de cérémonie, les rencontres avec les représentants nous confortent que nous ne sommes pas dans une énième cérémonie new age.

Leur humilité et leur joie d’être ensemble, soeurs et frères d’âmes pacifistes, leur résistance acharnée à préserver leur mode de vie traditionnel et par la même à maintenir la biodiversité et l’équilibre de la planète sont un exemple à suivre. Selon eux, les lieux sacrés doivent être protégés car ils cachent en leur sein les trésors de la vie même.

Ces réunions séculaires qui existaient plusieurs siècles auparavant, réapparaissent maintenant et permettent l’union entre ces nations souvent isolées.

Là où des institutions mettent des années à organiser une rencontre, il a suffi à un seul homme de suivre son rêve pour que soient réunis l’aigle et le condor, plusieurs fois par an et dans plusieurs pays. Un contre-pouvoir, où sans officiels, sans administration, ils s’essaient à une parole pacifiée et à employer leurs expériences pour faire bouger les lignes.

A entendre les cris de colère d’une grand-mère guarani âgée de 110 ans, on devient tout-petit et on se dit qu’il est urgent d’agir.

Prise de paroles de l’abuela guarani :

Elle crie : «  la terre est fatiguée, nous la maltraitons beaucoup trop, et nous maltraitons la féminité, les mères et les grands- mères à travers cela. »

La dernière nuit, l’ambiance est à son comble, les danses folkloriques s’enchainent dans des rondes endiablées. Le coeur est à la fête et à la musique, toujours dans cette bonne humeur simple et joyeuse. Adrien, français de 40 ans, grand amateur de festival électro, y retrouve «  la même fièvre sans drogue, agressivité, préjugés »

On garde en soi longtemps l’aura de ces belles rencontres. Au fond, les Raices sont une  école où l’on écoute la parole des sages. On entrevoit la simplicité de la vie et on se fie à son bon sens. C’est de l’intelligence collective, ce que la société moderne commence à mettre en place comme issue de secours. Pourrons-nous nouer des démarches collectives à l’instar des Raices ?

La kiva est le coeur de la terre. A la fin, tout le monde emporte un peu de ces vibrations chez soi.

Le feu ne devrait pas s’éteindre.