Le Japon d’Aki Shimazaki

Cette Auteure japonaise  vit à Montréal et écrit en français des romans courts dont les trames se mêlent les unes aux autres. Une écriture fine, fluide, à la première personne, un déroulé simple, une vie installée où apparait soudain une ligne de fracture. Ce léger séisme va changer à jamais le personnage principal. Au fil des pages, on découvre des villes : Tokyo, Nagoya… Et  l’âme japonaise. Les drames ne  submergent pas les personnages, ils sont dans l’acceptation. Certains personnages se croisent et s’entrecroisent. Les histoires tiennent en haleine. Les titres portent des noms de fleurs ou d’ animaux. Ils cachent souvent des secrets enfouis. Le désespoir n’est jamais loin, mais il reste en suspens, vaincu par une attitude responsable.
Un immense coup de coeur pour ces romans qui font voyager bien au-delà des frontières terrestres, Aki Shimazaki nous livre avec grâce une certaine philosophie de la vie. Les vies s’entremêlent dans un ballet poétique et complexe.  Dans Tonbo, la femme du héros est gaie et positive « Chaque famille a ses problèmes. Nous ne sommes pas responsables de ce qu’ont fait nos ancêtres » explique -t’elle à son mari.  Dans Suisen  l’homme égocentrique et arrogant semble perdu à tout jamais dans une vie où l’autre n’est qu’une marionnette, mais un renversement de situation va lui permettre d’amorcer une lente prise de conscience.

Discrétion, pudeur et profondeur, une réflexion sur l’Homme et la société japonaise (occidentale ?) portée par le regard acéré d’une femme extrêmement sensible.