Ecritures Voyageuses | Jean-Philippe de Tonnac, chevalier du féminin
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Jean-Philippe de Tonnac, chevalier du féminin

(Entretiens réalisés avec Jean-Philippe de Tonnac en juin 2019)

Son livre « Le cercle des guérisseuses », dévoré en un week-end, m’a donné envie de l’interviewer. Qui est donc cet homme qui décrit si finement ces femmes qui agissent dans l’ombre de leur antre, qui reçoivent des personnes en souffrance, et donnent leur âme pour servir la lumière?

Sur son chemin de vie, il a choisi des femmes guérisseuses pour le soigner. Pendant 3 ans, sur ces routes parfois tortueuses, il a accepté sa souffrance, s’est transformé. Il leur rend un vibrant hommage sous sa plume précieuse et élégante.

Le chemin de guérison

Il s’est engagé sur le chemin de la guérison sans trop savoir où il allait. Il raconte en prélude du livre, que dans sa famille, un nom circulait, celui d’une femme guérisseuse. C’est par elle qu’il commence son parcours ainsi que la rencontre avec Marguerite Kardos en 2010. « Le soin  a toujours été entre les mains des femmes. Elles sont au service du végétal et du sacré. Les sorcières ne sont pas mortes. Les femmes que je décris dans mon livre n’ont pas de filet. Je rend hommage à la puissance du féminin. La guérison est un véritable pèlerinage vers l’amour. On reprend son pouvoir. J’ai ainsi senti une profonde transformation de ma personnalité pendant ces années d’enquête. » 

Son parcours d’homme l’a relié à cette puissance du féminin. « Malheureusement, dans cette civilisation, les hommes sont une caricature d’eux-mêmes. Quand je donne une conférence sur le livre, je parle du féminin blessé devant 90 % de femmes mais les hommes présents sont particulièrement ouverts. Les hommes ne sont pas loin, ils sont en souffrance comme je le fus. Je veux transmettre que la souffrance est une chance, elle permet d’aller vers plus de lumière. »

Sa mère, les femmes

« Ma mère aimait le pouvoir, le masculin, elle niait sa féminité. J’ai toujours détesté les hommes virils, conquérants, musclés. L’autre dimension du féminin, je l’ai trouvée à travers le livre de Clarissa Pinkola Estes « Femmes qui courent avec les loups ». Aujourd’hui, après la guérison de mon féminin blessé,  je me sens plus grand, j’appelle ces femmes complètes et je les trouve »

Sa quête spirituelle

« Je revendique culturellement le bain helleniste-judéo-chrétien dans lequel j’ai été élevé. La religion catholique n’est un épouvantail brandi par les hommes. J’ai horreur des lignes Maginot, des ségrégations. Mais le rabbi Yeshua me bouleverse par cette façon de durer toujours à la façon des étoiles. J’aime les gens qui se remettent entièrement dans la main de Dieu. De plus, Il avait cette ouverture vers les femmes.» 

Depuis toujours, Il suit l’élan de son coeur. 

« Je suis parti en Inde rencontrer des enseignants spirituels et méditer. Les grands maîtres indiens possèdent cet équilibre entre féminin et masculin. Pendant 7 ans, j’ai pratiqué le bouddhisme zen. Aujourd’hui, je n’ai aucune pratique à part celle d’être amoureux. »

Il se sent apaisé. Grâce à la plupart des soins reçus, il a reçu les réponses dont il avait besoin.

Le pain, une eucharistie laïque

« Le pain est lié à la figure christique. Le pain* c’est ma religion à moi. Une eucharistie laïque. Les Hommes ont besoin d’une religion dans le sens où nous devons forger ensemble des rites. J’ai beaucoup souffert dans ma vie qu’on ne sache pas accompagner nos morts. »

En 2007, il passe un CAP de boulanger « Je souhaitais sortir de l’intellect, utiliser mes mains , mettre la main à la pâte. J’aime être en contact avec les boulangers. le pain est une ouverture au vivant, ce fut un éveil spirituel. Le pain m’a connecté à ce monde perdu, celui de la nature. Nous ne sommes plus des êtres sensibles, nous sommes séparés du monde, et c’est devenu un problème cognitif. Un génocide animal et végétal se perpétue sous nos yeux et nous ne réagissons pas, l’humanité ne réagit pas. On devrait se mettre en mouvement. C’est une véritable maladie que cette insensibilité. Je suis malade aussi. Je sais intellectuellement que c’est inacceptable mais je ne réagis pas. Il faut qu’on s’engage à nouveau. À ce propos, Théodore Monod a écrit un livre merveilleux « Révérence à la vie » »

Ses rêves

« Aujourd’hui, le changement qui est en train de se produire est passionnant et périlleux. Je pense que nous sommes en danger car nous posons des diagnostics sur des problèmes, ce qui n’équivaut pas à agir. J’ai l’envie forte de démarrer une aventure en permaculture. Avec ma compagne Renata, nous avons envie d’un projet collectif. Nous verrons où la vie va nous mener.Je suis un aventurier, je trouve qu’on prend plus de risques en restant immobile, je préfère le risque qui accompagne le mouvement. »

L’aventure des guérisseuses se poursuit dans des conférences données dans toute la France et débouchera sur un nouvel opus consacré aux guérisseuses des autres continents.

En guise de conclusion, quelques paroles de guérisseurs tirés d’une conférence :

Père Mikhaël : « La femme doit retrouver ce qu’elle est réellement, tout est question de transformation. Les humains doivent se transformer, tel est leur chemin »

Véronique Bez « J’ai accueilli le don. Je n’ai jamais forcé quoique ce soit. »

Anne-Gaëlle Piret : « Les mains sont plus intelligentes que la tête. Je ne travaille qu’avec elles »

( *NDLR : il a écrit le dictionnaire universel du pain, un énorme pavé de 1300 pages)

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